Les changements climatiques mettent en péril des sites du patrimoine mondial de lUNESCO
Les menaces que les changements climatiques font peser sur les sites naturels et culturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sont au cœur d'une nouvelle publication de l'Organisation intitulée « Etudes de cas sur les changements climatiques et le patrimoine mondial »*. Ce rapport (en anglais) contient 26 études de cas - notamment sur la Tour de Londres, le Parc national du Kilimandjaro et la Grande barrière de corail - illustrant les dangers auxquels sont confrontés les 830 sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Cette publication, destinée à faire prendre conscience de l'importance de la sauvegarde du patrimoine mondial et à mobiliser un soutien à cet égard, est divisée en cinq chapitres qui traitent des glaciers, de la biodiversité marine, de la biodiversité terrestre, des sites archéologiques et des villes et peuplements historiques. La fonte des glaciers de notre planète a des incidences sur la physionomie de sites inscrits sur la Liste pour leur beauté exceptionnelle et détruit l'habitat d'espèces rares, telles que le léopard des neiges dans le Parc national de Sagarmatha au Népal. Ces changements pourraient aussi avoir des effets désastreux sur les vies humaines, car les inondations provoquées par les crues soudaines des lacs glaciaires menacent des établissements humains. La mise en place de systèmes de surveillance et d'alerte rapide, ainsi que le drainage artificiel des lacs glaciaires sont recommandés afin de prévenir de telles catastrophes. L'élévation du niveau de la mer et les inondations dues aux changements climatiques pourraient avoir des effets dévastateurs sur les bâtiments et le tissu social des villes et peuplements historiques, si l'on en croit le rapport, qui se penche plus précisément sur les sites du patrimoine mondial de la Ville de Londres ainsi que sur d'autres sites en Europe, en Afrique (Tombouctou au Mali) et au Moyen-Orient (Ouadi Qadisha et la Forêt des cèdres de Dieu au Liban). L'augmentation de l'humidité du sol après les inondations peut entraîner un accroissement de la cristallisation saline sur les surfaces construites, ce qui est particulièrement dommageable pour les surfaces décorées. Cette humidité accrue peut également provoquer le soulèvement ou l'affaissement des sols. Pour parer à ces menaces, et à d'autres dangers du même ordre, il est indispensable de tenir compte des interactions complexes existant entre les aspects naturels, culturels et sociaux de la conservation. La publication de ce rapport fait suite à la décision, adoptée en 2005 par le Comité du patrimoine mondial, de commencer à étudier l'impact des changements climatiques sur les sites du patrimoine mondial. En mars 2006, 50 spécialistes en la matière se sont réunis au Siège de l'UNESCO, et en juillet de la même année, l'Organisation a présenté au Comité du patrimoine mondial un rapport intitulé « Prédiction et gestion des effets des changements climatiques sur le patrimoine mondial » et une « Stratégie pour aider les Etats parties à mettre en oeuvre des réactions de gestion adaptées »*.
Source UNESCO