Plaidoyer virulent
Après la lettre de l'association S.O.S Soisy Environnement , je laisse la parole sur mon blog à un savoyard pour un plaidoyer très virulent, le style est vif et percutant . J'ouvre une nouvelle catégorie sur mon blog "expression libre".
Plaidoyer pour une ré-orientation totale de nos activités économiques,
pour une grande réforme agraire et pour une restructuration complète de notre cadre de vie.
Chaque année, nos agriculteurs utilisent 12 millions de tonnes d’engrais artificiels.
L’énergie nécessaire pour en fabriquer 1 tonne est de l’ordre de 2 TEP (tonne équivalent pétrole).
Les engrais artificiels sont tirés, en grande partie, du pétrole et du méthane.
L’agriculture consomme, chaque année, 60.000 tonnes de produits phytosanitaires forcément toxiques. (+15.000 tonnes utilisées par les particuliers et les municipalités).
Le taux d’humus est passé de 6% à 2% à peine en un siècle dans certaines grandes plaines agricoles. La Monoculture provoque une érosion importante des sols. Le tiers de nos terres agricoles est érodé…
Les nappes phréatiques sont polluées et au plus bas. 75% des cours d’eau son pollués. Mais l’urbanisation en est tout aussi responsable que l’agriculture qui est obligée de suivre l’augmentation de la population dont le niveau est déjà bien trop élevé.
Les gaz d’échappement polluent non seulement les automobilistes, mais encore les cultures situées de chaque côté des grands axes routiers.
Nous importons, chaque année, 4 à 5 millions de tonnes d’aliment pour bétail. En Europe, 70% de l’alimentation pour bétail est importée… Nos excédents agricoles sont donc le résultat d’une gabegie criminelle: ce sont du pétrole et du méthane transformés en matière végétale. Nous sommes en partie, nourris aux hydrocarbures. Or, certains élus ignorant cette donnée, s’appuient sur l’existence de ces excédents, pour poursuivre l’urbanisation… D’autres élus ont compris que nous sommes déjà allé trop loin dans la destruction de nos terres agricoles, mais ils sont bien obligés de suivre la politique imposée par l’Etat.
Les zones humides disparaissent à raison de 10.000 à 20.000 hectares par an. Un véritable crime contre la nature. Les biocarburants, les jachères, les OGM ne sont que de sinistres plaisanteries. Les OGM nécessitent des sols très riches ou dopés aux engrais artificiels. Certains sont faits pour résister aux désherbants les plus violents qui détruisent la faune microscopique pourtant indispensable à la régénération des sols.
L’agriculture perd, chaque année, 100.000 hectares dont 30.000 sont perdus irrémédiablement, du fait de l’urbanisation.
De nombreux ouvrages prouvent que nous allons vers une catastrophe sur le plan alimentaire. L’un d’eux s’intitule “ le krach alimentaire ” (Philippe Desbrosses, Edition du Rocher, 1988). Les élus devraient en lire au moins, un.
La Croissance actuelle est basée principalement sur la destruction du territoire.
La surface goudronnée et bétonnée s’élève à 2,9 millions d’ hectares, soit l’équivalent de 6 départements… C’est un facteur aggravant des canicules et des pics d’ozone plus en plus prononcés et délétères.
Chaque année, 300.000 à 400.000 logements sont construits (420.000 en 2006). 60.000 logements environ sont construits avec l’argent des contribuables. Beaucoup le sont pour des étrangers sans travail, que nous pourrions facilement aider dans leur pays d’origine. Ce serait une charité et pour eux et pour nous.
L’urbanisation fait prospérer le BTP et gonfle le PIB de 140 milliards d’euros. Mais les infrastructures sont payés par les contribuables, y compris les plus pauvres.
L’éclatement de notre cadre de vie a provoqué, depuis 1975, le triplement des trajets domicile - lieu de travail, ce qui est une aberration complète sur le plan économique, mais excellent pour assurer la fortune de certains Industriels et de leurs actionnaires.
Cette caricature de politique économique est la cause essentielle de l’aggravation de la dette publique : 30.000 euros par habitant (soit 216.000 francs), sans oublier celle des particuliers (64% du salaire moyen).
Une autre cause de l’endettement public est l’augmentation des maladies dues à la pollution chimique provenant des combustibles fossiles, des détergents non-biodégradables, des aérosols dans les maisons, du traitement très imparfait des eaux usées et des fumées des incinérateurs, en plus de la pollution agricole. Tous les cancers sont en augmentation, notamment chez les enfants : 1% de plus, chaque année. Notre corps contient une quarantaine de molécules indésirables. le 3 Juin sur FR 3, dan le JT de 23 heures, Jean Marie PELT, le savant bien connu, a déclaré : “ Nous vivons dans un bain chimique ”. (sous-entendu toxique). Mais il n’a pas eu le temps d’en dire plus. La présentatrice l’a tout de suite remercié, pour passer à un autre sujet…
Le coût de nos importations d’énergie pour 2005 est de 38 milliards d’euros. C’est une des causes de l’aggravation du déficit du commerce extérieur. Chaque année, notre consommation d’énergie augmente de 4 à 5 millions de TEP, alors qu’une pénurie d’énergie pointe à l’horizon. C’est complètement insensé, mais ça ne fait rien.
En 1973, la consommation d’énergie, par an et par habitant en était de 3,7 TEP ; aujourd’hui, elle est de 4,6 TEP. Dans le même temps, le chômage, l’endettement public et privé, le trou de la Sécurité Sociale ont suivi la même courbe, conséquence de la fuite en avant dans l’urbanisation, dans l’hypertrophie de la mobilité et dans le consumérisme le plus débridé. Voilà le résultat de la croissance prônée encore et toujours par notre classe politique déconnectée de la réalité et en retard d’une guerre, au moins.
Si tous les terriens consommaient comme les Français, il faudrait 2 planètes. Bientôt, il en faudra 2,5, à moins que tout s’effondre d’ici là : faillite de l’Etat, du système bancaire, coup de grâce donné à notre économie anéantie par les délocalisations, déclin des productions agricoles et faillite du système de santé, en raison de l’augmentation exponentielle de toutes les pathologies.
Autre réalité à prendre en compte: la plupart des jeunes sont désespérés.
Cet exposé devrait amener tous les élus à changer leur fusil d’épaule. Ils seraient suivis par la majorité des citoyens, d’autant plus que tous les remèdes à nos problèmes sont prêts à l’emploi. Seule l’ignorance des uns et la cupidité des autres ont empêché, jusqu’à ce jour, d’envisager les objectifs indiqués dans le titre.
Un dernier argument devrait pousser les élus à rompre avec cette
croissance suicidaire.
Les nouveau-nés ont déjà dans le sang, des molécules très préjudiciables à leur développement. Si nous restons les bras ballants, si nous n’entreprenons pas tout de suite une grande révolution économique de nature écologique, alors, élus ou simples citoyens, nous ne valons pas mieux que ceux qui ont inventé les chambres à gaz.
EVRARD Michel. Retraité de l’Enseignement Agricole. Génération-Ecologie 74.