Ce n’est pas pour demain mais pour après-demain

Publié le par France Gamerre

Les résultats électoraux des écologistes sont très faibles dans des élections nationales (présidentielle et législatives…) car les scores ont rarement dépassé les 5 % dans ces types de scrutins. Et cela ne concerne pas que la France car l’écologie ne fait pas plus recette chez nos voisins. Les piètres scores électoraux de Ralph Nader aux USA en sont le meilleur exemple.

Pour l’immédiat l’écologie est traitée comme l’humanitaire; on fait des dons, mais on ne vote pas pour.

Est-ce à dire que l’écologie ne doit pas faire de politique comme le préconisent certains et que ce domaine doit rester dans les antres des écrivains médiatiques, dans les laboratoires des scientifiques spécialisés ou parmi les activités des associations de sauvegarde de la Nature ? Nous ne le croyons pas pour une raison simple: c’est qu’une élection c’est la réponse immédiate à des problèmes du moment. Or, les problèmes écologiques sont en devenir, mais ne sont pas encore ressentis comme une urgence par nos concitoyens.  

Pourquoi l’Ecologie ne fait pas de voix ?

Les raisons généralement avancées sont multiples: division des écologistes, manque de réalisme, absence d’idées claires et directement applicables, absence de leaders charismatiques ou de responsables reconnus, impossibilité de gouverner un pays tout seul, etc.… ) 

Mais les vraies raisons ne sont pas là. 

Pour nous les deux raisons principales du piétinement du vote écologiste sont :  

- La non-intégration collective de l’urgence écologique. Même si les scientifiques ou les groupes intergouvernementaux spécialisés sonnent régulièrement le tocsin, les catastrophes écologiques ne sont pas encore visibles dans la vie quotidienne des français. La réduction de la biodiversité n’est pas évidente sur les étals des super marchés et les changements climatiques produiront leurs premiers effets non contestables à partir de 2009. Bref, les contraintes écologiques n’affectent pas encore suffisamment notre quotidien (si ce n’est à travers les taxes écologiques) pour être une priorité.

Ainsi des trois pensées politiques actuelles (libéralisme, socialisme et écologisme) seule la première répond aujourd’hui aux attentes immédiates des citoyens. En effet, le socialisme a répondu naguère aux besoins de la classe ouvrière voulant profiter des avantages de l’industrialisation comme il est évident que l’écologisme répondra demain à la nécessité d’ajuster les modes de vie aux possibilités offertes par notre environnement c’est-à-dire notre Planète. Par contre, le libéralisme porté par Nicolas Sarkozy en France et par Georges W.Bush aux USA, répond à la nécessité immédiate de ne pas baisser de mode et de niveau de vie et de maintenir les aides sociales de solidarité à un niveau acceptable fusse au prix d’un pillage inconsidéré de  la Planète (et donc de notre avenir).

Pour l’électeur et pour son corollaire l’élu, l’échéance est à cinq ans alors que les échéances écologiques ont à 10 ou 15 ans. L’élection, on l’a déjà dit,  étant une réponse immédiate à un besoin pressant il n’est donc pas surprenant que le candidat libéral soit élu aujourd’hui face au candidat du passé (le socialiste) et à celui de l’avenir (l’écologiste). 

- La deuxième raison du rejet d’une politique écologique: c’est le coté contraignant en termes de travail (tri des déchets par exemple, réduction de la vitesse des automobiles, etc.…) et de finance (taxes écologiques). Une écologie qui procurait des avantages substantiels sans imposer de contraintes serait évidemment mieux acceptée. Mais cela c’est de l’utopie.

En effet, Il est plus facile de fournir à tout le monde des avantages et tapant outrageusement dans  l’héritage commun de la Nature que de demander à nos concitoyens d’être économes afin de garantir l’avenir des autres. La sauvegarde du milieu imposera, quand l’héritage sera dilapidé, des sacrifices pour tout le monde. Voter aujourd’hui pour le candidat qui promet de l’écologie sans efforts et sans contraintes tout en sachant qu’il n’en fera rien, c’est pure hypocrisie de la part de l’électeur. Mais le monde est ainsi fait que les Cassandre n’ont jamais fait recette dans aucun pays. 

Doit-on supprimer l’écologie politique ?

Ayant fait ce constat, on pourrait se dire que l’écologie doit immédiatement quitter le champ de la politique et se consacrer à l’écriture ou au nettoyage des rivières et des plages. C’est un peu court comme idée, car même si les partis écologistes ne font pas recette électoralement, ils n’en restent pas moins une source d’inspiration irremplaçable. Les idées médiatisées par Nicolas Hulot et ses confrères étaient déjà dans les programmes des partis écologistes depuis des décennies et la plupart des annexes écologiques des autres partis en sont également issues.

D’un autre coté, comme il existe quand même un vote écologique, il faut donc qu’il y ait une offre pour ces électeurs.

Enfin, on ne faut pas supprimer les partis écologistes car lorsque les problèmes écologiques deviendront des sujets de préoccupation quotidiens et permanents les citoyens seront bien contents de trouver un bulletin de vote écologiste dans les bacs des bureaux de vote. Lorsque l’écologie répondra effectivement à un besoin devenu immédiat, le vote écologique prendra son essor. Mais ce n’est pas pour demain matin mais pour dans 10 ans, c’est-à-diree après-demain. 

Que faire en attendant?

La bonne question c’est en effet de savoir comment maintenir un parti écologique en état de marche, en attendant.

Pour rester en état de marche et pour progresser, un parti écologique a besoin des mêmes choses que les autres partis politiques: c’est à dire: des idées cohérentes, des militants, de la proximité et des sous. Et c’est là où les choses se compliquent.

Des idées, les écologistes n’en manquent certes pas mais il faut qu’elles deviennent cohérentes entre elles et directement applicables.

Des militants il y en a malgré tout, mais ils sont dispersés dans quantité de clubs, de chapelles et d’associations. Il faut donc les rassembler en un seul parti.

La proximité viendra d’une meilleure implantation territoriale des élus et des militants. En effet, les élus ou les militants écologistes bénéficient généralement d’une bonne opinion même si celle-ci ne se traduit pas en vote favorable, mais rares sont les habitants qui peuvent côtoyer des écologistes dans leur quartier. La présence sur le terrain qui fait la force des élus en général doit aussi faire celle des écologistes.

Enfin le nerf de la guerre c’est l’argent et ça c’est un problème récurrent chez les écologistes car les généreux donateurs qui font le bonheur de certains partis politiques n’ont aucune sympathie particulière pour ceux qui ne pas sont sensibles à leurs affaires. 

En conclusion, on peut dire la raison principale du faible vote écologique est dû au fait que les questions écologiques ne sont pas encore vitales. Il faut cependant maintenir l’écologie politique en place pour pouvoir répondre aux attentes des quelques milliers de citoyens responsables qui deviendront des millions demain et une large majorité après-demain. 

Mais, comme le souligne le diction « aide-toi et le ciel t’aidera ».

Si les écologistes veulent que le ciel les aide, il faut qu’ils se rassemblent en un seul parti avec un seul but et autour d’un seul drapeau

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Publié dans France GAMERE 2007

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