Réchauffement/ conséquences en Europe

Publié le par Michel Verna

Au cours de plusieurs réunion à Genève, le GIEC s'est penché ces derniers jours sur les conséquences attendues du réchauffement global sur l'Europe. Ainsi, pour les scientifiques l'Europe risque de connaître au cours du siècle des extinctions de nombreuses espèces végétales, l'inondation de zones côtières basses et des vagues de chaleur meurtrières à cause du réchauffement de la planète.
L'Europe pourrait subir au cours du siècle des vagues de chaleur comparables à celle de 2003, voire beaucoup plus caniculaires. Au cours du siècle, "nous pourrions avoir une année sur deux un été aussi chaud ou même plus chaud que celui de 2003". La canicule d'août 2003 avait fait quelque 70.000 morts dans toute l'Europe, principalement des personnes âgées victimes de déshydratation.
Les zones les plus exposées à des vagues de chaleur sont les régions occidentales de la France, de l'Allemagne et de la Suisse et certaines parties de l'Angleterre et du sud de l'Europe.
Tout en refusant de se prononcer sur les risques de canicule cette année, les experts du Giec ont averti que 2003 pourrait n'être qu'un avant-goût des étés à venir, compte tenu du réchauffement climatique."Certains étés seront probablement beaucoup plus chauds que celui de 2003 d'ici la fin du siècle".
L'Europe n'est toutefois pas démunie pour affronter le changement climatique. "Ce sera moins dramatique que dans les pays en développement, les systèmes de santé européens devraient être capables de faire face à de nombreux impacts négatifs du réchauffement".
Les D.C.S dus aux épisodes caniculaires devraient augmenter et le changement climatique devrait aussi favoriser d'autres risques sanitaires: multiplication des bactéries affectant la qualité de l'eau, pollution de l'air accrue, saison des pollens plus longue...
Selon le GIEC, plus de la moitié des espèces de plantes en Europe seront menacées ou risquent de disparaître d'ici 2080 à cause de la hausse des températures. "Les espèces sont en particulier menacées dans les Alpes", précise Andreas Fischlin, de l'Institut fédéral suisse de technologie à Zurich, principal auteur du rapport.
Les dauphins de la Méditerranée pourraient mourir à "grande échelle" à cause de maladies provoquées par la hausse des températures de la mer tandis qu'au nord du continent, les lieux de reproduction des phoques vont se raréfier, avertit le document.
Des étés plus chauds et des sécheresses menaceront des animaux d'élevage comme les porcs et les poulets en Grande-Bretagne. Les sécheresses le long de la côte atlantique pourraient aussi réduire le rendement des cultures fourragères en Irlande.
Le sud de l'Europe sera plus sévèrement touché par le réchauffement que le nord. Le climat chaud et semi-aride du sud sera davantage exposé à la sécheresse. Avec la hausse des températures l'été, les touristes reporteront probablement leurs vacances sur la côte méditerranéenne au printemps ou à l'automne, selon le rapport. Les destinations touristiques pourraient se déplacer plus au nord.
Les hivers devraient être plus doux, ce qui signifie moins d'énergie pour le chauffage, mais des températures estivales torrides entraîneront une utilisation accrue de la climatisation.
D'ici 2100, les besoins en chauffage baisseront de 20% à 30% en Finlande et de quelque 40% en Suisse. Mais les scientifiques estiment que dans certains pays, comme l'Italie ou l'Espagne, les besoins en électricité pour l'air conditionné augmenteront de 50%.
Le niveau de la mer sur l'ensemble de la planète devrait augmenter deux à quatre fois plus vite qu'aujourd'hui, selon le rapport qui prévoit une élévation moyenne de 88 centimètres d'ici 2100. Mais en Europe, la hausse pourrait être jusqu'à 50% supérieure à ce chiffre, prévient le GIEC.
Jusqu'à 2,5 millions de personnes le long de la Méditerranée et dans le nord et l'ouest de l'Europe pourraient subir d'ici 2080 des inondations côtières conduisant à la perte de terres, la salinisation de nappes phréatiques et la destruction de maisons, selon le rapport.
Dans le nord de l'Europe, les hivers seront plus doux et davantage de précipitations devraient conduire à une croissance des forêts et de la productivité agricole. Mais des inondations plus importantes, l'érosion des côtes et la fonte des glaciers et du permafrost devraient contrebalancer ces effets positifs.

Source: GIEC / IPCC

 

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Publié dans FRANCE

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