Monsanto condamné
C'est la victoire de David contre Goliath. Monsanto, le mastodonte de l'agrochimie, dont le siege francais se trouve a Bron, dans la banlieue lyonnaise, etait poursuivi pour publicite mensongere autour du Roundup, le desherbant le plus vendu au monde, par l'association Eaux et rivieres de Bretagne (ERB). Il y a une dizaine de jours a Lyon, Monsanto Agriculture France a été condamné a payer une amende de 15 000 euros. Le distributeur du Roundup, la société Scotts France, poursuivie pour les mêmes faits, a aussi été condamnée à une amende de 15 000 euros. Le tribunal correctionnel a également ordonné la publication du jugement dans le quotidien le Monde et dans Maison et Jardin Revue. ERB avait depose sa plainte en 2001, scandalisée par la campagne publicitaire déployée par Monsanto. Leader en France de la vente de pesticides aux particuliers, l'agrochimiste a bati le succès de sa gamme phare sur une image "ecolo". Qualifié dans les publicités de "biodégradable", le Roundup (une denomination génerique pour une gamme de produits) était aussi censé "respecter l'environnement", "laisser le sol propre". Avec ses pubs mensongeres, Monsanto a favorise la banalisation de l'usage de ce pesticide, le plus vendu aux jardiniers amateurs", deplore ERB. Une banalisation qui se traduit, selon l'association, par le fort taux de pollution des eaux francaises : les deux molécules chimiques issues du Roundup sont détectées respectivement dans 55 % et 35 % des eaux superficielles. Le procès avait été reporté déja deux fois, dans son jugement, le tribunal correctionnel de Lyon a estimé que "l'utilisation combinée sur les étiquettes et emballages des termes et expressions "biodégradable", "laisse le sol propre", etc., [...] pouvait laisser faussement croire au consommateur a l'innocuité totale et immediate desdits produits par suite d'une dégradation biologique rapide apres usage [...] alors qu'ils peuvent au contraire demeurer durablement dans le sol, sous la forme de glyphosate et de son adjuvant, voire se repandre dans les eaux souterraines". Pour Eaux et rivieres de Bretagne, a qui Monsanto doit verser 5 000 euros de dommages et interets, "cette condamnation met fin au mensonge de la firme, remet les pendules a l'heure" et "constitue une excellente nouvelle pour la protection de l'eau". D'ailleurs, rappelle ERB, l'article 36 de la loi sur l'eau adoptee le 30 décembre dernier prohibe "les publicités pouvant donner une image éxagerement sécurisante ou de nature a banaliser l'utilisation des pesticides".