Deux ans de Sarkozy : bonjour les dégâts
Deux ans du Président hyper actif : est-ce de l’efficacité ou de l’agitation ?
Sur la forme c’est de l’agitation : plus de 90 réformes dont on espère que quelques unes seront appliquées.
Sur le fond beaucoup de changements. Autour des prises de positions souvent contradictoires mais destinées à brouiller les pistes afin qu’on ne puisse discerner le fil rouge de son action, Nicolas Sarkozy à deux constantes : enrichir ses amis et diminuer le dépenses de l’état principalement au détriment du service public.
-Enrichir ses amis : les 10% des français les plus riches ont augmenté leur revenus grâce au bouclier fiscal et à une série de mesures d’accompagnement aux banquiers et aux industriels cependant que le chômage s’étend dramatiquement et que les 10% des français les plus pauvres s’enfoncent dans la misère.
-diminuer les dépenses de l’état pour ne pas augmenter les impôts notamment ceux de ses amis.
Pour cela il y a deux leviers :
-déléguer des fonctions coûteuses de l’état aux collectivités locales sans bien entendu leur octroyer les budgets correspondant : il appelle cela la décentralisation.
-faire des réformes dont le seul but est de diminuer les subventions de l’état :
-réforme des régimes spéciaux de retraite (mais pas applicable aux régimes spéciaux des élus)
-réforme de l’Université = donner plus de pouvoir au Président d’université pour qu’il trouve lui-même l’argent du fonctionnement dans le privé.
-réforme de la recherche = suppression de la moitié des laboratoires associés au CNRS pour récupérer leurs budgets.
-réforme de la poste= afin qu’elle s’autofinance
-reforme de la justice = suppression de la plupart des tribunaux locaux et pas d’augmentations pour l’administration pénitentiaire malgré la politique répressive.
-réforme des hôpitaux=carte blanche au Directeur de l’hôpital pour rentabiliser les soins, etc. etc…
-réforme de l’audio-visuel qui doit se débrouiller sans les recettes publicitaires.
Cependant on aurait tort de croire que seul l’état est gagnant au détriment des usagers du service public. C’est faux car certains français ont pu bénéficier de l’aide de l’état : les bénéficiaires du bouclier fiscal, les banquiers auteurs et victimes de la crise financière, les grands groupes médiatiques privés qui seuls, peuvent se partager les recette publicitaires, etc.
Mais, il faut croire que toutes ces réformes faites dans le seul but de diminuer l’implication budgétaire de l’état n’ont pas été très efficaces puisque la dette de la France n’a cessé d’augmenter depuis l’époque des gouvernements Raymond Barre et Lionel Jospin.
Michel Villeneuve
Alliance Ecologiste Indépendante