Ma contribution politique pour le congrès de Génération Ecologie

Publié le par Michel Verna

Le désert. Le désert gagne du terrain au quotidien sur la planète et dans notre pays à cause de nos actions et de notre cupidité. Multitudes de déserts croissent et d’autres naissent : désert de la biodiversité, désert des ressources, désert social, désert humanitaire, désert agricole, désert marin, etc. alors que collectivement nous continuons à faire l’autruche et le système capitaliste, lui, s’autorégénère en détruisant la planète, un peu plus chaque jour, tout en nous faisant croire qu’il la gère durablement.

C’est de notre devoir collectif que de réagir. Malheureusement, les partis écologistes sont soumis, comme les côtes maritimes et les fleuves, à un phénomène d’eutrophisation.

Génération Ecologie n’échappe pas à la règle. Permettez-moi de vous dire que nous devons tous nous remettre en cause pour retrouver de l’oxygène. Nous devons défendre nos valeurs et nos priorités tout en dialoguant avec les autres partis écologistes. La planète, elle, n’a cure de nos chamailleries. Génération Ecologie doit redevenir et rester un mouvement de militants, un mouvement de terrain. On ne milite pas dans les salons. C’est tous ensemble, militants et militants-élus  que nous devons nous redéployer et porter un discours écologique cohérent, allant bien au-delà des quelques mesures gadgets  issues du Grenelle.

L’oxygénation de Génération Ecologie passe aussi par l’application en interne d’une de nos 7 priorités : la Nouvelle Gouvernance. Madame la Présidente, je vous suggère de finir votre mandat en créant le premier lien, la première  passerelle vers la nouvelle gouvernance qui sera, je l’espère, poursuivie par la nouvelle équipe. Que les deux élections de la journée se déroulent  par un vote à bulletin secret. J’ai la certitude, Madame la Présidente, que l’élection du Président de Génération Ecologie, que l’élection du Conseil National méritent ce que la démocratie offre de mieux. C’est en donnant de la valeur aux actes que l’on redonnera de la puissance au mouvement, et je suis sûr que tous les militants de Génération Ecologie y puiseront leur force. Ils éviteront ainsi à Génération Ecologie de devenir un mouvement biodégradable.

Les Français sont sensibles à l’environnement sans être forcément cohérents dans leurs actes. Il faut avouer que les gouvernements successifs n’ont rien fait pour leur montrer la voie. Ce Congrès, l’élection d’une nouvelle équipe, doivent être, pour notre mouvement, l’occasion de présenter à l’opinion une nouvelle écologie politique basée de la cohérence et du pragmatisme.

L’axe principal de cette nouvelle écologie politique reste le développement durable, mais quel développement durable ?  Si c’est celui mis en scène, et bien médiatisé, des entreprises du CAC 40 dans une logique de libéralisme pur et dur, je pense que nous continuerons d’aller dans le mur.

Plutôt que  « développement durable » tellement galvaudé, je préférerais que l’on associe au nom de Génération Ecologie « Humanisme durable », « Ecologie durable », « Economie adaptée et durable ».

Une économie adaptée et durable permettra à la planète de répondre aux limites physiques  de la croissance et engendrera un développement harmonieux et solidaire des générations futures.

Produire autrement ne veut pas dire produire moins, consommer autrement ne veut pas dire consommer moins, se déplacer autrement  ne veut pas dire se déplacer moins.

Produire autrement, consommer autrement, se déplacer autrement ne signifient pas décroissance, mais une autre forme de croissance qu’il faut organiser.

Produire autrement, consommer autrement, se déplacer autrement, c’est penser autrement l’aménagement du territoire voire l’aménagement de la planète.

Rapprocher le travail du domicile, favoriser les relocalisations que le coût du transport va permettre, généraliser les plans de déplacements, systématiser le covoiturage, donner une véritable impulsion aux  transports collectifs et aux déplacements doux, arrêter les nouvelles voies autoroutière,  militer pour un développement sobre, moins de produits et plus de services, relancer les cultures vivrières dans les pays du Sud, abandonner les cultures déraisonnables en eau dans les pays chauds, défendre dans le monde une agriculture paysanne, développer l’agriculture  biologique et intégrée, rapprocher les producteurs des consommateurs, dire « non » au pétrole et encourager toutes les énergies personnelles dans les villes, etc. Voila la voie de la raison.

Nous devons appeler à une révolution des valeurs économiques, dire « non » à la valorisation extrême du court terme, de l’immédiat. La notion de « l’avenir » doit être réintroduite  dans les mécanismes financiers qui régissent le marché.

Victor Hugo disait :

« Fermer des écoles c’est construire des prisons. »

Que Victor Hugo me pardonne, je vous dirais :

« Ne pas produire autrement, ne pas consommer autrement, ne pas se déplacer autrement, c’est construire la plus grande prison de tous les temps pour les générations futures. »

Michel Verna
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Publié dans FRANCE

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