Le vautour, un éboueur émérite

Publié le par Michel Verna

Doté d’une mauvaise réputation, le vautour pâtit de la croyance populaire, laquelle l’a érigé en charognard de basse besogne. Une image bien éloignée de la réalité au regard des nombreux services que ce rapace rend non seulement à l’environnement mais également aux éleveurs. Appliquant le précepte de l’échange de bons procédés, vautours et éleveurs s’aident mutuellement. Chaque année, ces oiseaux « recyclent » en s’alimentant de carcasses de vaches, moutons, chevaux, porcs et animaux sauvages. Or, en éliminant les déchets organiques générés par les activités du pastoralisme, le vautour réduit considérablement les coûts nécessités par les filières industrielles de l’équarrissage (1) industriel. On les évalue à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Même si leur capacité d’action est certes limitée en comparaison des 3,5 millions de tonnes de carcasses traitées industriellement chaque année en France, elle reste non négligeable pour de petits éleveurs indépendants. A l’origine de ces tarifs élevés, la difficulté d’accéder aux éléments à éliminer complexifie l’intervention. En hiver, les conditions climatiques freinent, voire stoppent, l’avancée des équarrisseurs. En été, les délais de récupération peuvent s’étendre sur 4 ou 5 jours, enfreignant les 48 heures légales d’enlèvement.

Pourtant, malgré ce rôle écologique incontestable, le vautour peine à se maintenir en France, notamment face à l’utilisation massive de pesticides. Actuellement, on recense quatre espèces de vautours nécrophages présents sur le territoire français : le vautour fauve, le vautour moine, le percnoptère et le gypaète barbu.

Alors que nous sommes de plus en plus conscients de la nécessité de préserver la biodiversité pour maintenir un équilibre naturel déjà précaire bien que vital, il serait absurde de renier l’allié de poids qu’incarne le vautour sous prétexte qu’il est une victime supplémentaire des dérives de l’activité humaine.


Publicité

Publié dans FRANCE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article