Silvio Berlusconi a raison?
Quand Silvio Berlusconi fait voter une loi pour suspendre tous les procès en cours afin d’éviter le sien propre, la gauche transalpine crie au scandale. Or, la sandale n’est pas que Berlusconi, élu au poste suprême de la République italienne, se fasse voter des lois sur mesure mais que la gauche n’ait pas été capable de lui barrer la route.
En effet, le peuple n’est pas seul responsable de la nomination du « Cavaliere » à la fonction suprême, l’autre fautif c’est la gauche qui n’a pas su se rassembler pour donner au peuple une alternative crédible face à celui qu’il avait évincé quelques mois auparavant. Encore une fois, la gauche européenne a préféré jouer sur ses divisions afin d’éliminer des partenaires gênants plutôt que de se liguer contre son ennemi naturel.
A ce petit jeu, on est toujours perdant et ceux qui avaient fait le calcul de faire perdre « il professore » Romano Prodi pour s’attribuer ses dépouilles sont les principaux responsables de la loi que Berlusconi vient de faire voter contre la démocratie.
Mais ils n’en sont pas les seuls responsables. Où sont passé les intellectuels qui jadis faisaient l’opinion et qui étaient très sourcilleux sur le respect de la démocratie et sur les libertés individuelles.
Où sont aussi les brillants intellectuels français toujours prompts à discourir sur l’avenir de notre société et qui ne réagissant pas contre la loi que Rachida Dati est en train de concocter pour permettre à la police de pénétrer tous les systèmes informatiques collectifs et individuels. Face à un « Big brother » en herbe, ils ont perdu leur voix.
Comme quoi les coupables ne sont pas toujours ceux qui occupent le devant de la scène mais aussi ceux qui leur permettent de l’occuper.