Loin des regards.

Publié le par Michel Verna

Une nouvelle étude du BIT montre que non seulement des enfants sont toujours contraints de travailler dans des mines mais aussi que la plupart sont des filles, a dénoncé hier l'Organisation internationale du Travail (OIT).

« Il s'agit d'une des pires formes de travail des enfants: les jeunes filles risquent en permanence de se blesser en portant de lourdes charges de pierre ou d'être contaminées par le mercure, dangereux pour le système nerveux. Sans aucune chance d'aller à l'école, elles sont prises au piège d'une vie de misère », souligne un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

La nouvelle étude de l'
OIT fait état de recherches menées au Ghana, au Niger, au Pérou et en Tanzanie en 2006 (1). Les enquêteurs ont rencontré des jeunes filles – parfois d'à peine 10 ans – exposées à d'innombrables dangers dans les mines artisanales – chutes de pierre, poussière suffocante, accidents impliquant des outils bien trop lourds et trop grands pour elles, exposition à des vibrations constantes, au bruit et à des substances chimiques toxiques telles que le mercure.

Le rapport affirme que les filles sont aussi embauchées pour des tâches connexes comme le transport de nourriture, de fournitures, d'eau et de pierres. Elles aident aussi leur mère à préparer les repas et les boissons. Pour atteindre les consommateurs sur place dans les mines, elles doivent traverser des galeries et des terrains dangereux qui peuvent s'effondrer ou être contaminés au mercure.

Au Pérou, des filles sont régulièrement employées dans les bars et les restaurants destinés à la communauté minière. On y a trouvé des filles, âgées de 10 à 12 ans, travaillant jusqu'à 12 heures par jour. Dans certains cas, travailler dans un bar peut mener à la prostitution ou aux abus sexuels imposés par des clients ou des employeurs, ajoute le rapport.

L'étude de l'OIT montre que les filles qui évoluent aux alentours de la mine sont vulnérables au harcèlement et aux abus sexuels. L'exploitation sexuelle à des fins commerciales des filles et des femmes est patente dans tous les pays étudiés. Dans la zone minière de Minerani en République-Unie de Tanzanie par exemple, sur 130 filles interviewées, 85 déclarent avoir échoué dans une forme ou une autre de prostitution à proximité de l'exploitation minière.

La nouvelle étude de l'OIT remet en question les lieux communs relatifs au partage des rôles entre les filles et les garçons dans les communautés des mines artisanales. Elle démontre que les filles accomplissent souvent des tâches tout aussi dangereuses que celles entreprises par les garçons, effectuant de plus lourds horaires avec un volume de travail plus important; elles ont également moins de chance de pouvoir être retirées du marché du travail, scolarisées et réinsérées.

Selon cette étude, les filles âgées de 12 à 17 ans dans les mines artisanales en République-Unie de Tanzanie travaillent de 42 à 70 heures par semaine dans le commerce des pierres précieuses. Des garçons travaillent aussi dans ce secteur mais ils sont souvent plus âgés (au-delà de 15 ans) et travaillent moins longtemps (entre 28 et 52 heures).


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Publié dans FRANCE

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