La lutte contre le réchauffement climatique menace les Galapagos

Publié le par Michel Verna

La lutte contre le réchauffement climatique inspire de nombreuses initiatives de la part des entreprises. Certaines sociétés se penchent sur le problème dans le but de participer réellement à cette lutte, la grande majorité espère surtout en tirer des bénéfices. Certaines de ces idées ou initiatives sont le plus souvent dangereuses pour l’environnement. Les agro-carburants qui risquent d’accélérer la déforestation, la séquestration du carbone à grande échelle qui promet de poser de sérieux problèmes aux générations futures... tout est bon pour se donner bonne conscience et continuer à polluer sans vergogne. Le dernier exemple en date concerne les Galapagos où une société américaine projette de déverser de la poussière de fer dans l’océan...

La société américaine Planktos Inc. a eu une idée (de génie ?) : injecter 100 tonnes de poussière de fer afin de favoriser l’expansion du plancton, lequel est censé absorber d’énormes quantités de CO², une solution miracle donc... Le site choisi pour cette expérimentation grandeur nature ne se trouve pas très loin des Galapagos, la plus grande réserve marine du monde, site classé par l’UNESCO abritant les espèces animales parmi les plus curieuses de la planète.

Le directeur de parc national des Galapagos a tenté d’obtenir des informations plus détaillées de la part de cette société américaine, en vain. Les courants ne manqueront pas de brasser ces énormes quantités de plancton vers l’archipel, or, comme le soulignent scientifiques et environnementalistes opposés à ce projet, nul ne connaît les effets que pourrait avoir cette soudaine abondance de plancton. Et puis pourquoi diable vouloir expérimenter ce principe de fertilisation à proximité d’un site protégé aussi fragile ?

Les dirigeants de Planktos Inc. affirment œuvrer en faveur de l’environnement, précisant que certaines zones maritimes se sont appauvries en plancton, et que du côté des Galapagos, une augmentation de ces particules ne saurait mettre en danger l’écosystème marin. Ce ne sont pas des propos aussi rassurants que tenait la revue « Science » en février 2007. Entre 1993 et 2005, des expériences de ce type ont déjà été tentées et la communauté scientifique concluait que cette fertilisation pouvait conduire à un déséquilibre du système climatique de la planète.

Fin juin, l’UNESCO a ajouté l’archipel des Galapagos à la liste des sites en danger, en raison de la surfréquentation touristique, et des risques que font peser l’immigration illégale, la pêche et les espèces invasives sur cet écosystème fragile.

Une fois de plus, le profit passe avant le principe élémentaire de précaution et le respect de notre environnement. Et nous constatons de nouveau que les sociétés et groupes financiers, mais aussi les gouvernements, se focalisent uniquement sur la séquestration du carbone, alors que la solution la plus efficace consiste à diminuer considérablement nos consommations d’énergie...

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Publié dans FRANCE

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