LES GRANDES METROPOLES VEULENT LUTTER CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Publié le par Michel Verna

Le 18 mai dernier, les maires de grandes métropoles du monde entier ont appelé les leaders des grands pays industrialisés du G8 à agir dès maintenant contre le réchauffement climatique, au terme d’un sommet de quatre jours à New York sur le climat. Ce sommet, dit "C40", a regroupé les dirigeants de 46 cités les plus importantes et les plus polluées du monde qui ont désigné la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité. Les maires ont souligné que les villes consomment plus de 75% de l’énergie mondiale et génèrent aussi plus de 75 % des gaz à effet de serre.

Parallèlement à ce sommet, 500 maires américains se sont démarqués de la politique de Georges W. Bush en signant une déclaration dans laquelle ils s’engagent à respecter les objectifs du protocole de Kyoto en matières d’émission. "Les maires agissent car le gouvernement reste muet", commente Douglas Palmer, maire de Trenton dans le New-Jersey, président de la conférence des maires.

Mais ce sommet de New York a également été l’occasion, pour les principaux maires présents, de présenter un ambitieux programme de 5 milliards de dollars pour réhabiliter des bâtiments dans 16 métropoles du monde afin que leur coût de fonctionnement en énergie soit fortement réduit. Ce programme, défendu par M. Livingstone et Bill Clinton, pourrait permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’un dixième sur dix ans.

En prélude à ce sommet des maires des grandes villes, le maire de New York Michael Bloomberg a présenté, le 22 avril, un vaste plan pour "un New York plus grand et plus vert" comprenant 127 mesures. Le moins qu’on puisse dire est que ce plan a surpris par son ampleur, sa globalité et son volontarisme politique et qu’il alimente un véritable débat démocratique, à New York mais aussi dans le reste des Etats-Unis, sur le rôle de la puissance publique et de la fiscalité en matière de lutte contre la pollution et contre le réchauffement climatique.

L’objectif du plan de Bloomberg est de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans "The Big Apple", d’enrichir les parcs, d’assainir les rivières, de planter un million d’arbres d’ici 2017 (dont un quart le long des routes), de réhabiliter 3 000 ha de terrains industriels abandonnés, de réduire la dépense énergétique, de supprimer les taxes new-yorkaises sur les voitures hybrides, de relever de 2,50 dollars par mois les factures d’électricité pour financer des investissements... Bloomberg veut également que, d’ici 2012, les 13 000 taxis new yorkais se soient convertis à la motorisation hybrideOn voit bien que des idées ou mesures considérées comme utopiques ou insupportables il y a encore quelques années, sont en train de s’imposer pour répondre à la gravité de la situation climatique mondiale. C’est le cas pour le péage urbain, qui se généralise partout dans le monde ou pour la fiscalité écologique que sait utiliser de manière remarquable l’Allemagne.

Le gouvernement allemand vient d’annoncer à ce sujet qu’il envisageait de taxer les véhicules non plus en fonction de leur cylindrée mais en fonction de leur rejet en CO2.

Il est vrai qu’il y a quelques semaines deux nouvelles etudes  internationales très sérieuses ont montré que les émissions de CO2 ont augmenté plus vite depuis 2000 que dans le pire scénario envisagé par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec).

Dans un tel contexte, souhaitons que notre pays, sous l’impulsion du nouveau Président, Nicolas Sarkozy, sache s’inspirer de ces exemples étrangers et mette en place au niveau local comme au niveau national, des politiques beaucoup plus ambitieuses, volontaristes et contraignantes pour réduire la pollution, protéger l’environnement et lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique


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Publié dans FRANCE

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